[ Créations ]

 

 

©Ariane Ruebrecht
©Ariane Ruebrecht
©Ariane Ruebrecht

La Belle dans La Bête

 

La Belle dans La Bête est un projet interdisciplinaire, entre performance et création théâtrale associant musique, chant et texte.

La Belle dans La Bête, comme une question suspendue, un rapport inversé ? Un pas de côté pour un autre point de vue. La Belle dans La Bête, comme un sous-titre gravé en creux du célèbre conte La Belle et La Bête. La Belle dans La Bête comme point de départ pour parler des violences conjugales, de la violence tout court. La Belle dans La Bête pour interroger les rapports Homme-Femme, Femme-Homme : questionnant les notions d’apparence, de beauté et de laideur, de pouvoir, de soumission, d’émerveillement, de peur et de fascination. Interroger, pour maintenir les questions vivantes et ainsi troubler nos idées reçues.

La Belle dans La Bête est le premier volet de la trilogie Fêlures de D’ de Kabal. La trilogie sera publiée prochainement au sein des éditions L’Œil du souffleur.

Écriture : D’ de Kabal
Interprétation : Astrid Cathala et D’ de Kabal

Productions : L’Œil du souffleur cie / Compagnie R.I.P.O.S.T.E

Création soutenue par Les Bazis / Act en scène / L’ADECC / Mairie de Massat

Premier chantier de recherche : 18 janvier au 25 janvier 2016 Massat
Première sortie de résidence : 23 janvier 2016 Massat

Deuxième chantier de recherche :  9 mai au 15 mai 2016 Les Bazis/Sainte-Croix-Volvestre
Deuxième sortie de résidence : 14 mai 2016 Les Bazis/Sainte-Croix-Volvestre

Troisième chantier de recherche :  22 juin au 1er juillet 2016 TGP (CDN de Saint-Denis-93)
Troisième sortie de résidence : 30 juin 2016 TGP (CDN de Saint-Denis-93)

 

Première étape, premières représentations :

 

Prochaines dates :

  • du mercredi 20 mars 2019 au dimanche 14 avril 2019, au Théâtre national de la Colline (75)

F
Visuel Fêlures

Fêlures

(à paraître chez L’Œil du souffleur en mars 2019)

Un triptyque théâtral de D’ de Kabal

 

FÊLURES

« … Les hommes ont mis un certain nombre d’époques à construire un mythe, un mythe autour des devoirs des pères des pères des Pères de nos pères, et si tu regardes bien, ce mythe on le perpétue, sans même avoir la moindre preuve que ce qu’il énonce nous mène bien quelque part.
L’idée de la virilité : être fort, dissimuler sa sensibilité, taire ses douleurs et ses larmes, ne pas faire apparaître ses faiblesses… quelle est l’utilité de jouer une partition qui produit du son que notre oreille ne peut même pas entendre ? »

FÊLURES, un triptyque théâtral :

Trois spectacles pour aborder et voyager à l’intérieur des mécanismes complexes de la construction du masculin et de son rapport au féminin.
Une réflexion en spirale, un puzzle de mots et de notions pour mettre du sens là où la parole, finalement, est quasiment absente.
Un théâtre poétique, un regard qui partirait d’un ailleurs, un regard qui s’arrêterait sur l’intime, sur la peau, sur les cicatrices : les apparentes, et les invisibles.
Un regard sur les mémoires des un(e)s et des autres.

Trois spectacles à la suite…

  • LA BELLE DANS LA BÊTE
  • L’HOMME-FEMME / LES MÉCANISMES INVISIBLES
  • CRIS SOURDS

« … Je n’oublierai jamais la sensation de brûlure de la peau, qui s’effiloche sous les coups, et Le Son qui prend la poudre d’escampette, et Le Temps qui se floue.
Je n’oublierai jamais.
Je vomis.
Je vomis ce monde, la façon dont il tourne …  »

FÊLURES tente de tracer une ligne entre les mémoires blessées; porté par l’espoir que quelque chose puisse naître, quelque chose d’infime mais de totalement perceptible :
Du lien.
De l’importance des rencontres et des confrontations, de l’importance des questionnements, ceux qui font grincer, ceux qui effraient, de l’importance d’écrire… écrire de son endroit, interroger le monde et les êtres, de son endroit… accepter que de toute façon, si on est un homme, on ne pourra écrire qu’en tant qu’homme. Un autre homme est-il possible ?
Essayer de dégager les prémisses d’un raisonnement qui permette d’interroger, dans ses fondements, la construction contemporaine de cette masculinité.
Cette masculinité fréquemment endossée comme une cuirasse, un trône, un sceptre.
Cette masculinité qui continue de fabriquer des agresseurs, des violeurs.
Un autre homme est possible.

 

Prochaines dates :

  • du mercredi 20 mars 2019 au dimanche 14 avril 2019, au Théâtre national de la Colline (75)

Une production R.I.P.O.S.T.E, en partenariat avec le TGP de Saint-Denis. En coproduction avec L’Œil du souffleur, projet soutenu par  Les Bazis /  Act en scène / L’ADECC / Mairie de Massat

Artwork : Maya Mihindou[ Maya Mihindou et Ariane Ruebrecht shot us ]


Notre besoin de consolation
Notre besoin de consolation

Lecture musicale

 

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier

Un texte de Stig Dagerman
Avec Astrid Cathala (lecture et chant) et Gérard Frykman (contrebasse, guitare, percussion)

 

« Personne ne peut énumérer tous les cas où la consolation est une nécessité. Personne ne sait quand tombera le crépuscule et la vie n’est pas un problème qui puisse être résolu en divisant la lumière par l’obscurité et les jours par les nuits, c’est un voyage imprévisible entre des lieux qui n’existent pas. »

 

Ce court essai aborde de façon incisive et lumineuse les questions d’existence, de sens et de mort.

Il provoque des sentiments aussi inquiétants que troubles. Comme dans un rêve, les ambiguïtés ne se résolvent pas, la réalité se dérobe, s’estompe et surgit. Nous sommes à l’intérieur d’un corps et d’une conscience et nous suivons leurs mouvements, leurs apnées, leurs rythmes. L’important n’est pas de savoir qui parle, à qui l’on s’adresse, dans quel temps, nous sommes témoin d’un réel surgissant, aussi familier qu’effrayant, qui narre ce que nous sommes au plus profond, ce qui nous agite en premier lieu, et qui expose les questionnements et les circonvolutions auxquels nous sommes tous confrontés du début à la fin de notre existence.

Loin d’être morbide, ce texte souffle et insuffle la vie dans ce qu’elle a de plus fou, et de plus concret. Il nous parle du désir et de notre immense besoin de sens. Il ose parler de l’intimité la plus profonde, sans faux-semblant, avec une lucidité implacable, une ironie et un humour féroce, une tendresse tranchante et redoutable. Et nous sommes alors silencieux, en nous-même et avec nous-même, plein de ce vide créé par le trop de questions, le trop de réponses insensées. La vie et la mort sont indissociables, et si l’on ose, comme Stig Dagerman le fait, en parler en dehors de toutes formules banales, nous prenons conscience de cette évidence et nous la recevons de plein fouet.

Il ne s’agira pas de jouer ni de commenter le texte. Bien au contraire. La lecture sonore et sonorisée nous permettra d’amplifier, de révéler (comme la photo dans le bain) ces évidences. N’être qu’une voix dans toutes ses couleurs et tonalités. N’avoir pas de visage ni de corps pour rendre corps et voix plus présents encore. S’effacer derrière les mots qui racontent notre condition d’humain, sublime et misérable. Le son met en relief les paysages de la conscience, de l’inconscient mis à jour. Rien à faire d’autre que transmettre les sons et les images d’un esprit encore vivant, chavirant, se heurtant sans cesse aux limites de notre propre compréhension.

C’est ce caractère à la fois onirique et expressionniste que nous voudrions exploiter, grâce à la voix chantée et sonorisée, mélangée aux textures et interventions acoustiques décalées ou mélodieuses de la contrebasse, de la guitare électrique et de la potée (percussions africaine) sans minorer les silences, échos et métaphores de tout ce qui n’est pas écrit mais qui est dit. L’ensemble formerait le soutien et le contrepoint du texte.

C’est à un voyage que nous convions les auditeurs-spectateurs, un voyage au pays des affres, au pays des joies, d’un être vivant, scandaleusement humain, tant il pose la question juste; «en plein dans le mile», là où ça fait mal, là où ça apaise, là où ça enivre.

Délicatesse et courage seront les maîtres mots de ce travail aux dramaturgies plurielles afin de tenter d’être au plus près de la pensée de Stig Dagerman, porte-parole (malgré lui?) d’une humanité toute entière.